Jardinage thérapeutique en EHPAD : quand les plantes font du bien aux résidents

Plus de 573 000 personnes âgées vivent aujourd’hui en EHPAD en France, selon les dernières données de la DREES publiées fin 2025. Pour ces résidents, la qualité du quotidien dépend largement de ce que les établissements proposent au-delà des soins : lien social, stimulation, moments de plaisir. L’animation devient alors un vrai enjeu de santé, et le jardinage thérapeutique s’impose progressivement comme l’une des approches les plus probantes.

Des ateliers jardinage qui ne sont pas anodins

Le jardinage en EHPAD, ce n’est pas simplement planter quelques graines pour passer le temps. Structuré autour d’objectifs précis, il mobilise la mémoire, l’attention, la motricité fine et les sens. Le contact avec les textures, les odeurs et les couleurs est particulièrement bénéfique pour les personnes atteintes de maladies neurodégénératives, qui réagissent favorablement à ces stimulations sensorielles concrètes.

Une méta-analyse publiée dans PLoS ONE en 2022, portant sur 1 046 participants et 15 études cliniques, a mis en évidence des améliorations mesurables de la qualité de vie, de la fonction physique et de l’humeur chez les personnes âgées pratiquant ce type d’activités. Les effets sur le plan émotionnel sont aussi documentés : réduction de l’anxiété, meilleure humeur, sentiment d’utilité retrouvé. Et quand les résidents jardinent ensemble, c’est également la dynamique collective qui se renforce : préparer ensemble une récolte pour le repas, c’est créer du lien autant que cultiver des légumes.

Des prestataires spécialisés accompagnent les établissements dans cette démarche. C’est le cas, par exemple, de l’animation en EHPAD avec carottessauvages.fr, qui intervient en Île-de-France depuis plus de six ans pour créer et animer des jardins potagers thérapeutiques, en s’appuyant sur des techniques inspirées de la permaculture.

Pourquoi les EHPAD font de plus en plus appel à des spécialistes

Les établissements font face à une double pression : un taux d’encadrement encore insuffisant (autour de 0,63 agent par résident, contre un objectif gouvernemental de 0,73 d’ici 2030) et des familles de plus en plus attentives à la richesse du projet d’animation. Selon une enquête menée en 2025, 69 % des proches participent aux animations de l’EHPAD où réside leur parent, ce qui illustre à quel point ce volet pèse dans la perception globale de la qualité d’un établissement.

Externaliser une partie de l’animation à des prestataires formés permet de combler ce manque, tout en garantissant une approche cohérente et adaptée à chaque public. Le jardinage thérapeutique, par sa souplesse (bacs surélevés en intérieur, terrasses, pleine terre), peut s’adapter à des résidents aux capacités très diverses, y compris ceux à mobilité réduite.

La loi du 8 avril 2024 sur le bien vieillir a par ailleurs renforcé les droits des résidents, notamment en garantissant un droit aux visites quotidiennes. Elle ne fixe pas de cadre précis sur l’animation, mais elle ancre dans le droit une vision du vieillissement où le lien social et le bien-être ne sont pas accessoires.

Le jardinage en EHPAD illustre bien une tendance de fond : les thérapies non médicamenteuses, longtemps reléguées au second plan, gagnent une légitimité réelle dans le secteur médico-social. 

A ne pas manquer